Dans un article publié sur HypeBot, Sergey Bludox, Senior Vice-President Media & Entertainment Practice de DataArt, détaille le véritable enjeu de la billetterie secondaire selon lui : l’impossibilité de retour et de remboursement.

« Pourquoi existe-t-il encore un marché secondaire de la billetterie ? La raison est simple : cela répond au besoin réel des fans. A ce stade, il est clair que la lutte contre la revente ne fonctionnera pas. Nous devons accepter que l’absence d’options de revente légitime et la rare complexité dans l’acte de retour ou de transfert des billets sont les raisons de la prospérité des revendeurs. Inversement, les opérateurs de billetterie peuvent investir sur ce besoin des consommateurs en rapprochant les marchés primaires et secondaires et réduire la revente et la fraude dans le secteur de la billetterie. »

Selon lui, l’avènement du e-commerce a profondément modifié la manière dont les consommateurs réalisent leurs achats. « Les retours dans le secteur du retail ont atteint 400 milliards de dollars en 2017, 53% de plus qu’en 2015. Cela signifie des pertes des 400 milliards de dollars ? Pas vraiment ? Les commerçants font de leur mieux pour répondre aux attentes grandissantes des consommateurs modernes et améliorer le parcours de leurs clients, en les fidélisant à long terme et en suscitant de nouvelles méthodes de monétisation. »

« Les attentes des clients sur la possibilité de retours faciles et sans frictions s’appliquent aux billets comme à n’importe quel billet. […] Il est temps de modifier radicalement les mentalités et les infrastructures et de confie le contrôle du marché secondaire à des acteurs légitimes du secteur, à même de répondre aux attentes en constante évolution des consommateurs. »  

Une analyse intéressante, qui permet de se poser la question du marché de la billetterie et de l’objet même du billet, en tant que marchandise. Mais peut-on parler de marchandise, alors que justement l’achat d’un billet donne seulement le droit d’assister à une représentation, après l’achat du-dit billet ? Faut-il revoir le statut du billet pour envisager une nouvelle façon de faire du commerce ?