Le 15 mai dernier, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, a signé une circulaire qui oblige les événements culturels, notamment les festivals, à rembourser le l’Etat lorsque des forces de l’ordre sont déployées dans le cadre de l’organisation de l’événement. En revanche, pour les événements sportifs approuvés par le Ministère des Sports, pas de facturation, de même pour le déploiement des forces de l’ordre répondant à un risque terroriste sur des festivals.

Reste à savoir dans quelle mesure le déploiement de policiers lors d’un événement culturel ne répond pas à un risque terroriste, alors que la France reste au niveau sécurité renforcée, de risque d’attentat, sans limite de temps…

La mesure qui a été particulièrement critiquée, par des organisateurs de festivals comme Yann Bramouillé, du festival Couvre-Feu : « La sécurité représentait déjà notre troisième plus grosse facture. Nous sommes sortis de l’état d’urgence mais les exigences sont restées les mêmes. » Le festival n’a pas pu revoir sa politique tarifaire des billets pour ouvrir ces dépenses en nette augmentation, mais prévoit déjà d’augmenter le prix des billets l’année prochaine. « Le pire c’est que les forces de l’ordre sont là pour assurer la sécurité des citoyens, qui financent déjà ces opérations par leurs impôts. L’augmentation du prix des billets, indispensable à notre survie, les ferait payer ce service une deuxième fois. »

Par ailleurs, les organisateurs ne sont pas responsables du déploiement des forces de l’ordre, et sont obligés de facturer les mesures jugées nécessaires par les autorités locales. La circulaire impose désormais « des échanges préalables » entre les organisateurs et les autorités ; néanmoins, ce genre de dépenses s’avèrent compliquées à négocier, et le préfet reste décisionnaire sur le déploiement des forces de l’ordre sur le lieu de l’événement.  

Pour les Eurockéennes, cette nouvelle circulaire fait augmenter sa facture de sécurité de 30 000 à 254 000 euros. Le sénateur du territoire de Belfort se dit « extrêmement inquiet » sur l’avenir du festival. Et le fonds d’urgence, mis en place par le gouvernement après les attentats du 13 novembre au Bataclan, a revu ses dotations à la baisse et sera supprimé d’ici l’année prochaine, suite à la fin de l’état d’urgence.

En effet, depuis ces attentats, le budget sécurité des festivals avait déjà augmenté drastiquement, et avait déjà beaucoup coûté aux organisations culturelles en France, notamment les événements en plein air. Reste à voir comment sera appliqué cette décision, et quelle sera sa suite.