Difficile aujourd’hui de passer à côté de ce terme, devenu presque un buzzword : la blockchain est partout. Les initiatives permettant d’utiliser concrètement cette technologie se développent lentement mais sûrement. Parmi ces pionniers se trouve le festival SeaNaps, qui se déroule à Leipzig en Allemagne. Inspiré des Siestes Electroniques pour ce qui concerne la gratuité, la programmation et le déroulé du festival, SeaNaps se distingue par son usage exclusif de la blockchain pour gérer les transactions monétaires sur le lieu du festival.

Le fonctionnement lors du festival est simple : les festivaliers qui souhaitent se restaurer, acheter des consommations ou du merchandising reçoivent un bracelet RFID qu’ils peuvent recharger. Un format similaire aux solutions cashless actuelles, avec une différence : leurs bracelets sont crédités en Lips, la monnaie créée pour l’occasion, qui leur permettront de régler leurs achats dans le cadre du festival. SeaNaps a fait le choix d’utiliser la blockchain Ripple pour développer son système en 2017, et utilise désormais Ethereum.

Grâce à l’usage de cette monnaie et de l’architecture blockchain, toutes les recettes réalisées par le festival sont redistribuées automatiquement entre organisateurs du festival, bénévoles, artistes et prestataires selon des règles de distribution préalablement établies entre toutes les parties prenantes. Le public peut d’ailleurs consulter en temps réel l’évolution des portefeuilles de chacune de ces parties prenantes. « Nous mettons en avant le côté éthique et responsable de notre système [auprès du public] » explique Maxime, le cofondateur de SeaNaps.

Du côté des artistes, une partie fixe de leur cachet était assurée, complétée par une partie variable répartie automatiquement en fonction des recettes du festival. Ce fonctionnement transparent permet au public de savoir en temps réel comment est utilisé son argent, et aux artistes d’être intéressés au succès du festival. C’est l’un des avantages considérables qui fait l’attractivité de la blockchain, notamment alors que le cashless est parfois critiqué. « Aujourd’hui la blockchain permet de poser la question de la transparence, mais aussi de la mettre en œuvre » se réjouit Maxime.

Derrière SeaNaps, on retrouve l’association Habeatus, fondée par Maxime et son père, développeur spécialisé dans les technologies blockchain qui a réalisé l’application utilisée par SeaNaps. Après une première édition 2017 réussie, l’association déploie désormais sa solution dans d’autres. A venir : les Siestes Electroniques fin Juin à Toulouse, la nouvelle édition de SeaNaps en Octobre à Leipzig, le Mapping (Suisse) en Mai 2019, et plusieurs autres festivals européens.

Depuis plusieurs mois, Habeatus s’est associé avec les Siestes Electroniques et TodaysArt pour créer le projet paneuropéen BlockchainMyArt. Ces trois acteurs et leurs partenaires ont la volonté de créer une véritable société coopérative européenne pour disséminer l’usage de la blockchain. Ils mènent également des recherches socio-économiques sur la compatibilité entre économie locale et économie cryptée, et sur l’impact de la culture dans la ville.

Retrouvez l’interview complète de Maxime Faget au format podcast sur nextinmusic.com.