Le 25 mai dernier, le Règlement Européen sur la Protection des Données Personnelles a été mis en application en France et dans le reste de l’Europe. Cette nouvelle législation vient renforcer la protection des données personnelles des utilisateurs et peut venir complexifier la tâche des entreprises, notamment dans le secteur de la billetterie et du spectacle vivant. A cette occasion, nous avons donc rencontré Marc Gonnet, président et fondateur de Delight, pour évoquer ensemble la mise en application du règlement et ses enjeux.

Comment avez-vous anticipé la mise en application du RGPD ?

Le RGPD est partie prenante de l’ADN de Delight. Notre concept est de rendre la communication des producteurs plus efficace par rapport à son public : il faut donc que le message qu’on adresse au public soit vu comme un service et non comme de la publicité. Nous préférons la qualité à la quantité, ce qui implique des notions de transparence et de respect du public.

Nous avons donc commencé à nous pencher sur le sujet du RGPD en septembre 2017 en travaillant avec notre cabinet d’avocats. A partir de janvier 2018, à mesure que les décrets d’applications paraissaient, nous avons mandaté un cabinet d’avocat spécifique, spécialiste sur les questions du big data et de la mutualisation de données. Finalement, nous avons fait appel à un troisième cabinet pour un dernier travail de relecture.

Quels sont les points clés sur lesquels vous avez travaillé pour mettre en application le RGPD ?

Notre objectif était de faire en sorte que toutes nos activités soient en adéquation avec la nouvelle législation : nous avons retravaillé nos contrats, les conditions générales, le registre d’opt-in, tout ce qui nous lie à nos clients et à nos prospects. Nous avons le devoir d’être irréprochables sur nos propres activités.

Par ailleurs, Delight s’adresse à des structures de petites ou de moyenne tailles. Le RGPD n’est pas gadget : le point culminant du RGPD, ce n’est pas le 25 mai, mais après, au moment où il faudra accompagner les structures, qui n’ont pas forcément les moyens de faire appel à un cabinet d’avocats spécialisé. Nous sommes en train de mettre à disposition un centre de ressources dédié au RGPD sur notre site Internet, pour nos clients, nos prospects et toutes les personnes que le sujet peut intéresser.  

Selon vous, quels sont les enjeux auxquels la billetterie et les producteurs est confrontée face au RGPD ?

Deux enjeux majeurs découlent de la mise en place du RGPD : la transparence et la pertinence. Tout le monde reçoit des campagnes issues de bases de données du spectacle vivant, mais c’est très rare quand elle tombe dans le mille, que le sujet nous intéresse vraiment. Or, plus les billetteries et les producteurs seront transparents, plus ils collecteront des données qualifiées, peut-être moins nombreuses, afin d’adresser des messages pertinents à leur prospects. L’enjeu aujourd’hui c’est de faire de cette transparence une véritable opportunité, un levier pour recueillir une demande qualifiée.

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