Fondée en Mars 2017, Klox Entertainment est une plateforme technologique digitale et data dédiée aux acteurs du Sport, de la Musique et de la Culture. Eddie Aubin est parti à la rencontre de ses deux fondateurs pour évoquer leur parcours, leur positionnement ainsi que les évolutions de leurs métiers et du secteur. 

Eddie Aubin : Quel est votre parcours professionnel ?

Pascal Maillet : J’ai fait toute ma carrière dans l’événementiel en sportif, en fédération et en agence. Après une première expérience chez IMG McCormack en Belgique, j’ai  été en charge du marketing des Championnats du Monde de Handball Féminin 2007, avant de basculer sur les Mondiaux de Badminton 2010 en tant que Responsable des Opérations. J’ai ensuite eu la chance de participer au retour du Karting à Bercy en 2011 avec l’ERDF Masters Kart, là aussi en tant que Directeur des Opérations. Par la suite, j’ai notamment eu l’occasion d’enchaîner de beaux événements : Direction Générale des Championnats du Monde de Tennis de Table, Direction d’un gros pôle sur l’EuroBasket 2015 incluant la Communication, les Médias, l’Entertainment puis Direction des Opérations de la première étape de la Formula E à Paris en 2016. C’est après cette belle expérience que j’ai basculé sur ce projet « digital » avant de m’associer à Guillaume Boissel en mars 2017 pour fonder Klox.

Guillaume Boissel : Après une école de commerce, j’ai eu une première expérience très enrichissante chez Digitick à Marseille en 2012. Ensuite, j’ai intégré HLWN Group (une agence indépendante) pour gérer notamment l’activation digitale et la gestion des partenariats du projet musique “Greenroom” en France. J’ai ensuite rejoint en 2016 le groupe PagesJaunes au service Marketing Produits et nouveaux usages (RDV médicaux en ligne et réservations de restaurants en ligne) avant de rencontrer Pascal pour monter Klox en mars 2017.

EA : Pourquoi avoir monté Klox ? Quels ont été vos débuts ?

PM : J’avais découvert l’intérêt du programmatique sur l’EuroBasket 2015 et j’avais conscience que ce produit correspondait aux besoins du secteur du sport. La communication digitale était au centre des préoccupations des entités sportives mais les offres de service étaient réduites. Avec Guillaume, nous avons souhaité ouvrir à d’autres secteurs comme la musique et la culture, que Guillaume connaît bien, et qui ont des problématiques assez similaires au sport.

GB : On a commencé avec une petite centaine de clients qui nous ont fait confiance dès le début et que l’on connaissait pour la plupart avant via nos différentes expériences. Après un peu plus d’an d’existence, nous comptons près de 300 clients, dont 90% sont français. La première année, nous avons principalement structuré la société, avec la composition d’équipes commerciales dédiées (sport, musique, culture), ainsi que le recrutement d’account managers et de media traders spécialisés dans leur secteur.

EA : Quels sont les services que vous proposez ?

PM : Notre premier métier est la communication digitale ciblée. Via les technologies d’achat programmatique, nous permettons à nos clients d’atteindre leurs audiences pertinentes sur Web, Mobile et Social, sur tous formats Display, Native, Audio, Video et sur tous devices Desktop, Mobile, TV, Console de Jeux et Ecrans Digitaux, ceci via un seul point de contact entièrement piloté en interne chez Klox.

Ces technologies sont déjà fortement adoptées chez les annonceurs généralistes, notre challenge était de les adapter aux enjeux des acteurs de l’Entertainment notamment au fonctionnement par projet et à la notion « deadline » spécifique à ces acteurs. L’idée est globalement de les accompagner dans leur transition digitale avec un fonctionnement souple et sans ticket d’entrée.

GB : Notre solution englobe beaucoup d’autres services que la programmatique web afin de répondre le mieux possible aux besoins de nos clients et à leurs problématiques précises.

Notre deuxième métier est le “Data Management”. La data est au cœur des problématiques de nos clients c’est pourquoi nous leur proposons des solutions flexibles sur la gestion de toutes leurs audiences, leur compréhension et leur activation toutes plateformes. Un club par exemple engage plusieurs centaines de milliers de personnes chaque mois sur tous ses supports mais n’a pas les outils ni la compétence en interne pour valoriser ces audiences au sein de son écosystème.

Nous sommes ainsi dans une logique de construction de bassins d’audience cross-plateformes pour nos clients afin de pouvoir réactiver ces bassins d’audiences sur toutes leurs opérations digitales.

Nous travaillons également avec des billetteries comme Paylogic, AP2S, Weezevent, Placeminute et bien d’autres, de façon plus ou moins intégrée. Nous avons vocation à parler avec tout le monde et à nous intégrer de la manière la plus complète avec toutes les solutions existantes sur le marché, tout en restant indépendants. Nous pilotons nos campagnes à la performance en fonction des objectifs du client (vente de places de matchs ou de concerts, d’albums, notoriété d’artistes ou sortie de livres…), objectifs qui peuvent d’ailleurs évoluer en cours de campagne. Nous sommes extrêmement réactifs et pragmatiques et les différentes données de nos clients collectées par nos solutions, et parfois d’autres solutions qu’ils utilisent (CRM, Billetteries…), nous permettent d’optimiser considérablement les performances de nos campagnes.

Nos clients ont par ailleurs accès à une plateforme de reporting pour suivre l’évolution des campagnes en temps-réel qui leur permettent de suivre en détails les performances de chacune de leurs campagnes.

EA : Quelle est votre valeur ajoutée par rapport à la concurrence ?

GB : Nous avons deux métiers autours desquels nous avons développé la société et sa structuration : la communication digitale ciblée (métier de “trading desk”) et le data management, qui consiste à collecter des données sur différents supports pour ensuite adresser le bon message aux internautes tout en respectant la vie privée de l’internaute. Nous sommes ainsi en conformité avec le nouveau cadre juridique RGPD mis en application le 25 mai 2018. Par exemple, pour des campagnes sur la tournée d’un artiste, nous pouvons envisager de cibler les personnes ayant manifesté un intérêt concernant l’album de l’artiste en question. Nous créons de nouveaux modèles de collaboration autour de la Data pour donner une vraie utilité aux audiences générées par nos clients, et pour diffuser des messages pertinents et respectueux des internautes d’un côté et maximiser l’impact des campagnes de communication de l’autre.

PM : Notre valeur ajoutée se situe aussi dans notre capacité à activer l’ensemble des leviers digitaux disponibles, et nous le faisons en interne avec des ressources expertes en trading. Et également dans la connaissance parfaite des univers dans lesquels nous évoluons puisque tous nos collaborateurs sont issus de ces milieux.

EA : De nouvelles plateformes arrivent tous les jours : comment faire pour toucher les gens partout et de manière internationale ?

GB : Nous souhaitons utiliser constamment les leviers et formats innovants et à la pointe, nous souhaitons par exemple utiliser les formats publicitaires de Musical.ly Tinder, Her, Snapchat, Instagram, Shazam… Notre but, c’est de pouvoir utiliser des formats publicitaires à fort potentiel qui sont encore très peu présents en France. Nous sommes en veille sur les dernières tendances pour aller chercher la bonne technologie, le format le plus innovant, selon les problématiques de nos clients.

EA : Vous avez des outils, mais la qualité humaine de vos ressources est également un point de différenciation ?

GB : Notre équipe est composée d’anciens organisateurs d’événements, d’anciens de labels (Majors et Indépendants), de médias, de l’édition : ce sont des personnes légitimes, qui accompagnent, conseillent et rassurent les clients en parlant le même langage.

PM : Les stratégies sont spécifiques : que l’on travaille dans le segment du sport ou de la musique, les campagnes ne seront pas menées de la même manière et chaque pôle est donc structuré en fonction des spécificités de son marché.

EA : Quelles sont les tendances que vous observez en termes de digitalisation de la communication au sein des différents secteurs dans lesquels vous travaillez ?

GB : Dans le domaine de la musique, la tendance est à la désintermédiation. Les organisateurs ont besoin d’outils qu’ils comprennent et puissent utiliser facilement. Le marché tend vers l’agrégation de services sur une même plateforme : il y a un travail de regroupement de prestataires, de technologies et de services à faire, pour que les clients puissent utiliser le meilleur de la communication et de la publicité, et également avoir la main sur leurs datas.

PM : Dans le domaine du sport, il y a une vraie prise de conscience de l’importance de la communication digitale même si les budgets off-line sont encore largement majoritaires dans la plupart des plans de communication. Aujourd’hui, la programmatique se pose comme le meilleur outil pour faire de l’acquisition de nouveaux publics mais nous sommes encore au début de l’histoire. Nous sommes même un peu en avance par rapport au secteur du sport où la problématique du moment est souvent autour du CRM e-mail.

EA : Comment vous-voyez dans 5 mois ?

PM : Nous allons continuer à solidifier la société (qui compte déjà 27 collaborateurs), pour renforcer notre position de leader sur nos trois pôles existants (sport, musique, culture), et également monter un bureau en Espagne où nous sommes déjà présents.

GB : Nous allons nous donner les moyens de nos ambitions grâce à des financements externes (notamment subventions) pour continuer à investir dans des développements technologiques. Après une première phase de découverte de la part de nos clients sur ces nouvelles solutions, nous constatons une forte augmentation des paniers moyens. Nous souhaitons poursuivre cette dynamique sans forcément augmenter indéfiniment le nombre de nos clients qui est déjà conséquent sur le marché de l’Entertainment.