Lors du BIS 2018, MaGestionBilletterie.com a assisté à l’atelier « Evolution des métiers de la billetterie », proposé par ProfilCulture Conseil et Valérie Rouvet Consulting le 18 janvier 2018.

Dans un premier temps, Valerie Rouvet a introduit les différents types de changements vécus par les entreprises culturelles aujourd’hui, qui sont, entre autres, les changements liés aux contraintes économiques, les nouvelles contraintes légales, les apports des nouveaux outils informatiques et les modifications des lignes directrices des projets artistiques et culturelles. Ces différents changements posant la question des nécessaires évolutions des métiers au niveau organisationnel et aux niveaux des compétences des acteurs.

Puis elle a présenté les nouvelles contraintes légales qui s’imposaient également aux métiers de la billetterie, comme la norme NF525, applicable depuis le 1er janvier 2018 sur les logiciels de caisse, ainsi que le Règlement Européen sur la Protection des Données (RGPD) qui s’appliquera dès le mois de mai prochain pour tout ce qui concerne traitement, sécurisation et collecte des données personnelles.

Jihad Michel Hoballah, directeur de ProfilCulture Conseil a abordé la modification des lignes directrices dans les projets culturels, la manière dont les projets culturels pouvaient être traité vis-à-vis du public au niveau organisationnel. En effet, la dimension territoriale, le modèle économique et la relation au public deviennent des éléments quasi essentiels pour le bon fonctionnement d’un projet au sein d’une organisation culturelle, et ces éléments appellent de nouvelles connaissances et de nouvelles compétences au sein d’une équipe.

Lydia Rodriguez-Mansouri, responsable accueil et billetterie au Grand T a ensuite expliqué quels étaient les changements organisationnels qui étaient survenu au sein de sa structure. En interne, de nouveaux pôles ont été créés et un mode projet collaboratif impliquant tous les salariés a été mis en place pour ce qui concerne la gestion opérationnelle des manifestations et la relation aux publics. L’avis des différents acteurs pouvant également être entendus sur certaines questions liées à la programmation (nombre de manifestation, horaire, organisation, type de communication…). Elle a également cité les nouveaux outils adoptés par les équipes pour mettre à bien ce type de fonctionnement, dont un outil de gestion de projet, ainsi que les transferts de compétences et de ressources au sein des différents pôles qu’impliquaient notamment la mise en place d’un nouveau logiciel de billetterie ou de CRM.

Ensuite, Jean-Christophe Rouvet, expert indépendant a évoqué le sujet de la mutualisation de données et de compétences entre plusieurs organismes culturels. En citant plusieurs cas de mutualisation entre communes ou entre structures culturelles d’une même ville, il a évoqué les différents avantages d’une mutualisation des services de billetterie. Pour les organismes ayant adopté ce dispositif, leur fréquentation a augmenté de 20%, tout en permettant d’économiser sur les coûts.

Bruno Wucher, PDG de Ressources a ainsi rebondi en adoptant un point de vue plus technique sur ces nombreux changements légaux et organisationnels. Il a insisté sur la nécessité de logiciels de billetterie polyvalents, qui puissent communiquer avec d’autres logiciels pour parfaire la saisie et le traitement des données. Par ailleurs, ces changements de logiciels impliquent également une acquisition et une mutualisation de compétences de la part des organisations culturels.

Enfin, Jihad Michel Hoballah a parlé des évolutions des métiers liés à la billetterie : les frontières étant de plus en plus faibles entre les différents services d’une organisation culturelle, de nouvelles compétences s’ajoutent désormais aux pré-requis classique. Aujourd’hui, un chargé de billetterie doit pouvoir parler de marketing, intervenir dans tous les services, tout en ayant une capacité d’analyse et de construction au sein d’une structure qui navigue entre service public et mission de rentabilité.

L’échange s’est conclu par quelques questions du public sur la mutualisation des structures et accueil du public ainsi que sur la mutualisation des bases de données en interne et la qualification de ces données concernant le public. Cela a été l’occasion pour Valérie Rouvet de revenir sur l’importance de retravailler les organisations, les missions et les interactions entre services en fonction de ces nouveaux critères, mais également de rappeler qu’il est parfois nécessaire de prévoir un accompagnement au changement pour les équipes devant accueillir un changement important, s’adapter à de nouvelles pratiques, voir vivre une mutation complète.

Crédit photo : MyOpenTickets