Eddie Aubin, président de MyOpenTickets a modéré une table-ronde au MaMA Invent 2017 pour évoquer les nouveaux modèles de gestion de billetterie, souvent plus éthiques, qui proposent de redonner une plus grande autonomie aux acteurs culturels, face à la concurrence de grands groupes industriels.

Etaient présents Bruno Caillet, Associé et responsable du Développement chez Artishoc, Jerry Nieuviarts, Président et cofondateur de Mapado, Pascal Chevreau, chargé de mission chez SoCoop/SoTicket et Etienne Kemlin, Gérant et fondateur de Festik.  

Dans un premier temps, SoCoop et Artishoc ont expliqué pourquoi ils avaient choisi un modèle de coopérative pour leur structure. « Nous nous sommes aperçus qu’il y avait une volonté commune des acteurs culturels de reprendre la main sur la billetterie. La structure de coopérative nous a paru évidente », a expliqué Pascal Chevreau. Pour Bruno Caillet, cette structure permet également d’apprendre « aux clients qu’ils sont dans un système de groupement d’achats, et qu’ils doivent à termes se passer de nos services ».

Cependant, la structure n’est pas forcément le seul signe d’une gestion éthique. « Au-delà du statut, nous partageons tous une même philosophie. », a déclaré Jerry Nieuviarts, appuyé par Etienne Kemlin.

Ensuite, chacun des représentants des solutions présentes a présenté sa valeur ajoutée sur ce marché de la billetterie concurrentiel. Pour Mapado, le point de départ a été la révolution technologique. « Ce sont les grosses structures qui en profitent le plus, et l’écart se creuse entre les PME et les grandes structures du secteur culturel. » Avec sa solution, Jerry Nieuviarts propose un partage équitable des solutions technologiques entre les différents acteurs, avec une interface simple d’utilisation, pensée pour les structures culturelles.

La solution de SoTicket se place dans la même veine. « Mais à l’origine de notre réflexion, il y avait vraiment une volonté de permettre aux producteurs de se réapproprier l’outil de la billetterie, en répondant à leurs besoins réels. » SoTicket revend la solution de Supersoniks et réfléchit aujourd’hui, après une première phase d’installation, à la manière de mutualiser les bases de données des différents clients.

Artishoc est revendeur de la solution SecuTix, et leur valeur ajoutée se trouve sur l’accompagnement et le service. « Nous réfléchissons avec chacune des structures sur le parcours achat du client final, en fonction de son comportement, et nous sommes capables d’analyser les données pour adapter les offres de billetterie en fonction des publics existants et des prospects. »

Pour Festik, l’aspect technique et financier de la billetterie est souvent occulté par les acteurs du système & propose une solution au moindre coût et fiable sur le jour de l’événement. Festik travaille également sur un système de mutualisation de données aveugle : un festival pourrait prêter ses données à un autre, sans que cette autre structure puisse avoir un regard individuel sur ces données. « Nous aimerions que les acteurs deviennent régisseurs de ce système, en définissant les règles d’usages de ces bases de données. »

Concernant justement les données, Mapado travaille sur la partie éducative des structures culturelles. Pour Jerry Nieuvarts, « il faut transférer de la connaissance et des bonnes pratiques aux professionnels, qui se font parfois voler leur trafic par des revendeurs de billetterie qui arrivent en premier résultat dans Google. » Artishoc travaille sur une mutualisation des bases de données entre acteurs : « pour enrichir ses données, il faut être dans le flux permanent » explique Bruno Caillet.  

Enfin, sur la notion d’encadrement et d’accompagnement, chacun des invités ont fait part de leur spécificité. Pour Pascal Chevreau, la mise en place du système SoTicket passe forcément avec une assistance très personnalisée. Chez Festik, « nous passons du temps avec les organisateurs pour mettre en place toutes les stratégies commerciales possibles », explique Etienne Kemlin. Pour Mapado, le maître-mot reste la proximité avec les clients, avant, pendant et après l’événement. Et la communauté apprenante d’Artishoc permet d’accompagner au mieux les clients, tout en étant transparent sur la donnée.

Vous pouvez réécouter la table ronde depuis le live-stream du MaMA ICI

Crédit photo : E.Tallon – Crédit audio : MaMA