Dans un article sur Ticketing Today, Troy Kirby, directeur des opérations de billetterie à l’université de Californie, Davis, exprime son point de vue sur le rôle du marché noir dans l’éco-système global de la billetterie aux USA.

La plupart des professionnels de la billetterie et des organisateurs d’événement ne voit pas d’un un bon oeil le second marché de la billetterie, également appelé marché noir. Pourtant, il s’agit de comprendre quelle est la raison de son existence, comment il permet de faire contre-point et d’évaluer la demande du client par rapport au marché principal.

Le marché noir existe, et fait partie intégrante de l’éco-système de la billetterie. Le marché secondaire est même une donnée importante pour le marché principal dans la mesure où il permet de faire augmenter la demande des consommateurs pour un événement. En effet, quand un événement est mis en vente, les acheteurs achètent directement leur billet au vendeur. Cependant, de nombreux billets sont également achetés par des revendeurs : aux Etats-Unis, la part de vente de billets aux revendeurs du marché noir peut atteindre entre 25 et 50% du total des billets vendus.

Ainsi, le fait même qu’une partie importante des billets soit achetée par des revendeurs pousse les consommateurs à acheter plus vite leurs places pour un événement : la présence d’un marché noir permet donc à la fois de pousser les consommateurs à l’achat et de liquider l’ensemble des billets disponibles pour une manifestation.

En effet, si les professionnels du secteur désapprouvent le marché noir, ils ont parfois tendance à s’appuyer sur les revendeurs pour permettre de faire salle comble. Si la demande pour un événement est faible, les organisateurs et les billetteries peuvent travailler main dans la main avec les revendeurs, en leur fournissant directement des billets. Près de 2000 à 3000 billets seraient injectés directement du marché principal au marché noir, afin d’afficher un événement sold-out et de faire gonfler la demande auprès des consommateurs.

De plus, les revendeurs achètent des billets qui sont parfois sous-évalués par le fournisseur (billetterie, organisateurs) et les revendent à un prix optimum, basé sur la demande et la disposition à payer du consommateur. Ainsi, plutôt que de tourner le dos à ces pratiques, les billetteries et les organisateurs devraient peut-être travailler avec les revendeurs pour comprendre quel est le véritable prix de leur événements.

En resserrant le contrôle sur le marché noir, les billetteries et les organisateurs s’exposent à un risque de liquidité, c’est-à-dire, le risque qu’ils leur restent des billets dans les mains. Dans ce contexte là, ils ne tirent aucun bénéfice sur la vente même des billets, et ils voient dégonfler la demande de la part des consommateurs.

Si le marché noir peut être problématique pour les consommateurs comme pour les producteurs et les billetteries, c’est un élément qui fait partie intégrante de l’éco-système de la billetterie. Ainsi, la question de la place du marché secondaire, comme un véritable allier économique du secteur ou non, mérite d’être, encore et toujours, posée.

Crédit : MyOpenTickets