L’infographie de SocialBand a montré que les salles avaient compris l’importance des réseaux sociaux pour communiquer avec leurs potentiels spectateurs. 100% des salles de concerts sont présentes sur Facebook, et 87% sur Twitter. La marge de progression est importante en ce qui concerne le partage des informations et des actualités avec les fans.

A partir de ce constat, MaGestionBilletterie a interrogé Emily Gonneau, cofondatrice de l’agence de communication Nüagency, spécialisée dans les réseaux sociaux. A travers des formations, du conseil en stratégie, du community management, et des abonnements pour un suivi personnalisé, l’agence aide aussi bien les artistes que les salles de concerts à optimiser leur communication sur les réseaux sociaux.

MaGestionBilletterie : Moins de la moitié des salles de musiques actuelles ont une chaîne vidéo spécifiée, et deux tiers d’entre elles n’ont pas investi le partage du format photo. Pensez-vous que c’est un manque à gagner ?

Emily Gonneau : En effet. L’utilisation du format photo sur les réseaux sociaux permet de faire ressortir la salle de concert du flux continu et volumineux d’informations des réseaux sociaux. Par une photo décalée, qui ne demande aucun clic, la salle peut faire du « teasing » à propos d’une programmation à venir, ou aider le potentiel spectateur à s’approprier le lieu.

Au niveau des plateformes disponibles, Instagram, par la disposition de filtres et l’instantanéité des posts permet d’intégrer le spectateur dans une logique quotidienne. Pinterest s’installe plus dans une démarche d’archive, avec un panel de photos thématiques, comme une exposition.

Contrairement à la vidéo, le format photo est peu coûteux en matière d’investissement et de temps. La vidéo est cependant sous-exploitée. Youtube, affilié à Google, permet de mieux référencer la salle ou l’artiste sur le moteur de recherche. Si la vidéo peut être coûteuse et demander du matériel, avec les smartphones, de nouveaux formats sont possibles. Vine, appartenant à Twitter, permet de faire des vidéos de 6 secondes, et Intagram, appartenant à Facebook, permet des vidéos de 15 secondes. Ces formats permettent aux spectateurs d’accéder à l’univers d’un artiste, en créant de la valeur ajoutée à sa production musicale.

MGB : Quel est l’intérêt pour les salles d’investir plusieurs plateformes de réseaux sociaux et quels sont les avantages propres à chaque plateforme ?

EG : Aujourd’hui le public est partout et les réseaux sociaux permettent de toucher de nouvelles cibles. A partir d’un travail d’audit pour mieux cibler les potentiels spectateurs selon les réseaux sociaux, ces outils permettent d’ajouter de la valeur à la programmation d’une salle.

Facebook, par son ancienneté et sa fréquentation importante, permet de toucher une cible importante. Néanmoins, près de la moitié des usagers ont plus de 45 ans et aujourd’hui, la plateforme demande de payer pour maintenir ses publications dans le flux des abonnés. D’ici un an à six mois, Facebook ne sera plus l’outil de base de la communication 2.0.

Twitter, parce qu’il est public, permet une veille et une interaction en temps réel avec les publics. Mais le risque est perdre son contenu dans la masse d’informations défilantes.

Si les salles ont compris l’intérêt de Facebook, elles n’ont pas encore toutes compris l’intérêt de Twitter, qui est un outil permettant de rentrer plus facilement en contact avec des potentiels spectateurs.

MGB : Les salles se définissent par leur lieu, leur programme et les valeurs qu’elles incarnent. Comment ces composantes peuvent-elles être intégrées dans une ligne éditoriale 2.0. ?

EG : Aujourd’hui, l’importance des réseaux sociaux ne réside pas dans le simple fait d’y être présent, mais de savoir comment on délivre le message.  La mise en place d’une charte graphique, le morcellement des informations, et le ciblage des publics sont également des éléments importants.

Il s’agit moins de répéter le même message sur toutes les plateformes, mais de savoir fragmenter ses informations en fonction des réseaux sociaux utilisés.

La définition de la ligne éditoriale est importante ; il faut hiérarchiser les différents contenus, et choisir comment ils s’appliquent aux différents réseaux sociaux, selon leur utilisation diverses, afin de s’organiser et de gagner du temps.

Aujourd’hui, les réseaux sociaux ne cessent d’évoluer, et de proposer de nouvelles fonctionnalités, qui émiettent et éclatent les publics et les cibles. Par le bais de formations, Nüagency propose de réfléchir sur les fonctionnalités des différentes plates-formes, leur intérêt et leur usages, afin d’instaurer une stratégie ciblée, en cohérence avec la réflexion préexistante des salles et des artistes sur la programmation.

MGB : Quelle est la place de la billetterie dans une stratégie de communication sur les réseaux sociaux ?

EG : La billetterie est le véritable objectif de la communication des salles et des artistes. Les salles doivent repenser cet objectif et l’intégrer dans leur stratégie, à travers des messages pertinents et des onglets directement apposés sur les pages des réseaux sociaux et leur site internet pour faciliter l’achat impulsif des cibles.

Ainsi, la billetterie via les réseaux sociaux est un véritable atout. Avec l’utilisation de widgets sur Facebook qui redirigent vers une plateforme externe, l’achat est favorisé. Cette modalité n’est pas encore présente sur Twitter qui permet plutôt d’annoncer des dates. Selon la logique du producteur ou de la salle, l’accent sera mis sur la billetterie elle-même ou l’annonce des dates.

Enfin, la stratégie de communication autour de la billetterie doit s’articuler autour de temps forts.

Lors du festival Mo’fo à la main d’œuvre à St-Ouen, nous [NDLR : l’agence Nüagency] nous sommes occupés de la communication crossmédia du festival. Avec la création d’un hashtag propre au festival, les informations concernant les artistes ont pu être relayées facilement sur Twitter. Les spectateurs ont pu être informés sur le festival, tous les jours, pendant deux mois. En présentant la diversité et l’étendue de l’événement et les différentes tarifications en jeu, les préventes ont augmenté de 25% par rapport à l’édition précédente, avec une progression de 366% sur les préventes du troisième jour.

MGB : Le mot de la fin ?

EG : La communication via les réseaux sociaux s’inscrit dans une stratégie globale, où des liens entre le réel et le virtuel sont à faire. Avec une bonne organisation, une ligne éditoriale claire, et l’accent mis sur la temporalité de la stratégie, un plan sur 3 à 6 mois à adapter selon les fonctionnalités nouvelles des réseaux sociaux permet de replacer l’objectif de billetterie au centre de la problématique.

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Crédit : Nüagency